Clochemerle-en-Gascogne

Mes chers concitoyens,

À l’image de l’Arros qui, ces derniers jours, monte, roule, gronde, le conseil municipal de jeudi 10 décembre n’a pas été un long fleuve tranquille. À l’issue de ce conseil, j’ai annoncé ma démission de mon poste d’adjoint aux finances de la commune de Plaisance.

Lors du précédent conseil du 20 novembre, j’avais été heurté par quelques doutes sur la gestion de la municipalité par son maire. Durant trois semaines, j’ai creusé de nouveaux dossiers, découvert des actions que ma morale réprouve et ma confiance en Patrick Fitan s’est érodée. La conclusion de l’affaire dite des cloches par un mensonge (le mot a pu choquer mais comment appeler autrement le fait de ne pas dire sciemment la vérité?) et une gabegie votée par six voix pour (dont deux procurations), cinq contre (dont une procuration) et quatre abstentions m’a conduit naturellement à cette décision.

Pourtant, j’avais alerté le groupe majoritaire dès le 26 novembre sur les mensonges de son maire. Voyant que par manque de réflexion du seul décideur, la gestion du dossier des cloches allait in fine nous conduire droit dans le mur, j’ai proposé samedi 5 décembre au groupe majoritaire une solution permettant, moyennant un léger surcoût, de clore définitivement et proprement ce dossier. Patrick Fitan a éconduit cette proposition d’un revers de la main arguant qu’elle était matériellement impossible. Doutant de lui, j’ai appelé l’entreprise pour avoir confirmation et j’ai découvert ainsi le dernier mensonge du maire : alors que nous pouvions encore honorer notre mandat et servir les Plaisantins, Patrick Fitan, par orgueil et entêtement nous conduisait au gaspillage. Du groupe majoritaire, seules Muriel Devilloni et Isabelle Arricastre ont placé l’intérêt de la commune au-dessus de tout et de tout cœur je les en remercie.

Dès lors, ne pouvant plus croire les propos que le maire nous rapportait, il eut fallu que, à chaque fois, je rappelle les entreprises ou les institutions afin de connaître la vérité du prix. Un adjoint doit faire confiance à son maire et obligé désormais de contrôler tous ses faits et gestes, ma tâche devenait impossible.

Je vais être honnête, si depuis toujours j’ai voulu m’engager pour mon village et ma Gascogne, lors des dernières élections municipales, Patrick Fitan a montré plus d’envie que moi pour la fonction de maire. C’est donc naturellement que j’ai accepté de ne pas être tête de liste et de me ranger derrière lui. Mais l’envie et le temps disponible ne font pas tout. Je m’en suis rendu compte à mes dépens, à nos dépens.

Ô Plaisance, je ne t’abandonne pas ! Devant les risques avérés et ceux que j’entrevois, je reste au conseil municipal et j’attendrai que Patrick Fitan démissionne ou qu’une nouvelle majorité se reconstitue. Conscient de la tâche, je me proposerai alors pour assumer la fonction de maire. Toutefois, l’exercice de cette mission sera en tout point collégial.

Si j’entends déjà depuis le conseil municipal un flot de critiques, sarcasmes et reproches, sachez que j’accepte tous vos maux. Mais s’il n’est qu’un mot que je conserverai toujours fièrement et que je brandirai sans relâche quelles que soient les conséquences, c’est mon intégrité.

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Détail du vote du 10 décembre au sujet du vote du devis modifié

Ont voté pour: Sandrine Blanchet, Patrick Fitan, Alain Seidel, Jean-Raymond Villanova et, par procuration Jérôme Ganiot, Raymond Quereilhac.

Se sont abstenus: Patrick Capmartin, Marie Guyonnet, Yahel Lumbroso, Nicole Pion.

Ont voté contre: Isabelle Arricastre, Simone Broustet, Muriel Devilloni, Romain Duport et, par procuration Régis Soubabère.

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En toute transparence, ne souhaitant pas que des tiers travestissent mes mots et dans l’attente de la diffusion du procès-verbal de séance, je retranscris ci-dessous mes propos tenus durant le débat qui a précédé le vote:

Quelle histoire que celle de ces cloches ! Une histoire qui pourrait être une parabole ou plutôt un apologue, ou alors une fable. La fable des trois malédictions du maire de Plaisance.

La première des malédictions est l’incompétence. La commission d’appel d’offre se réunit le 21 septembre et choisit à l’unanimité un devis pour la remontée des trois cloches. Le 2 octobre, le maire de Plaisance signe un devis modifié demandant la réalisation des travaux avant la fin décembre. Oubliée la loi de 1905 dont nous avons fêté le 115eme anniversaire hier, oublié le Code des Marchés publics. Le maire trace sa route de sa seule autorité. Le 20 novembre, après que les travaux aient débuté, il souhaite toutefois faire voter le devis modifié. Mais devant les hésitations d’un conseil à qui le moindre devis n’a jamais été présenté, il recule. Peu après, suite à une question de Simone Broustet, je demande à ce que les deux devis soient adressés à l’ensemble du groupe. Nous les recevons le 23 novembre et nous nous retrouvons aujourd’hui, 10 décembre à devoir voter des travaux différents que ceux retenus pas la commission d’appel d’offre, des travaux déjà entamés. La première morale de cette histoire c’est que Patrick Fitan agit en matière de règles comme en matière d’étoiles, il les observe, mais de très loin.

La deuxième malédiction c’est l’incurie, le gaspillage. On nous demande ce soir d’avaliser une dépense de 5000€ pour acheter un beffroi extérieur dont nous n’avons aucune utilité. En même temps nous ne remontons que deux des trois cloches laissant le bourdon en bas de l’église. Après que Patrick nous eut appris vendredi soir le refus de l’archevêque, j’ai, dès le samedi, demandé à ce que ses erreurs soient rattrapées et qu’un nouveau devis faisant apparaître le surcoût dû à l’incompétence soit proposé afin de remonter les trois cloches et de clore cette affaire. Le dimanche, la réponse de Patrick adressée à tout le groupe majoritaire fut cinglante et sans appel : il est trop tard pour faire demi-tour et le bourdon restera en bas pour une durée indéterminée. Mes chers collègues, si dans quelques années un conseil municipal plus intelligent que le nôtre décide de terminer ce que nous n’avons pas voulu faire, il lui faudrait changer le beffroi intérieur, beffroi qui n’est plus construit pour supporter le bourdon, point que nous avons découvert jeudi dernier et dépenser ainsi 9500€. Il faudrait remonter la cloche, lui adjoindre les deux moteurs prévus : 7000€. Sans compter le recours au matériel et la réouverture du clocher : 2500€. Oui, c’est bien au moins 25000€ d’argent public qui sont en réalité en jeu ce soir. Il vous faudra en conscience assumer ce choix devant les Plaisantins. Je vous rappelle que cet argent public est sacré car l’argent public, c’est notre argent à tous, c’est l’argent privé sorti de nos poches et que nous mettons en commun pour des réalisations au service de notre communauté. Et cette gabegie, nous la devons à un enfant boudeur dont le jouet a été cassé et qui refuse d’en redonner les morceaux. Cette situation serait risible si cet enfant n’était pas notre maire et si le jouet n’était pas notre argent.

Mais cet enfant, ce n’est pas n’importe quel enfant. Cet enfant a un long nez. Cet enfant est un pinocchio. Oui, la troisième malédiction est celle du mensonge. Car toute cette histoire n’est qu’un tissu de mensonges. Le caractère temporaire de l’installation ? Mensonge car en douce Patrick Fitan a transformé le beffroi intérieur pour que plus jamais il ne puisse accueillir le bourdon. La cloche cassée ? Mensonge car l’entreprise Laumaillé qui a été retenue a toujours dit que cette cloche était en état de remonter et de sonner. L’entreprise Bodet a peut être soulevé une fragilité mais pourquoi en ce cas ne pas lui avoir donné le marché ? Pourquoi avoir choisi une entreprise qui certifie que la cloche peut remonter ? Un peu de cohérence dans ce fabliau qui n’est que mensonge. Mensonge enfin ton message de dimanche. Il n’est pas trop tard ! Nous pouvons encore terminer honorablement les travaux et remonter les trois cloches. Je le sais car j’ai appelé hier l’entreprise Laumaillé qui n’attend qu’une chose : que nous prenions la décision qui s’impose.

Ce dernier mensonge formulé dimanche en conscience rompt définitivement la confiance que nous pouvions avoir en toi. Nous ne pouvons plus te croire. Nous n’avons plus aucune confiance en toi et c’est pourquoi ce soir, je demande ta démission.

Oui mes chers collègues, le vote de ce soir est crucial et donnera la patine de notre mandat. Soit nous brûlons 25000€ d’argent public au nom de la fidélité aveugle à un individu qui nous mène droit dans le mur, soit nous portons notre fidélité absolue à la commune qui nous a fait confiance. Pour ma part, je n’hésite pas une seconde.

Enfin, je terminerai en vous rappelant que nous n’avons pas été élus par ou pour Patrick Fitan ; nous n’avons pas été élus pour l’un ou l’autre d’entre nous ; nous n’avons même pas, surtout pas, été élus pour nous même. Nous avons été élus par et pour les Plaisantins, nous avons été élus pour la défense de notre communauté, de son patrimoine et de ses finances.

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