Un député ne devrait pas dire ça

Le 1er août, ma deuxième chronique, Silence dans les rangs ! a été publiée par le Journal du Gers. Le lendemain, elle a été mise en ligne sur mon site.

Écrire est un exercice périlleux. Un faux pas est vite arrivé et chaque gribouilleur de mot lance avec appréhension son texte dans les airs, espérant être lu. A titre personnel, je ne remercierai jamais assez le Journal du Gers et Marcel Lavedan d’accorder à mes mots une publicité inespérée.

Je m’enorgueillis également d’avoir, parmi mes lecteurs, un personnage d’influence.

La journée du dimanche 6 août a dû être, pour notre député Jean-René Cazeneuve, particulièrement chargée. En effet, de Fleurance à Marciac il a accompagné le ministre Blanquer dans ses pérégrinations gasconnes. Mais le député de la 1ere circonscription a néanmoins trouvé le temps de m’appeler. Ayant eu vent des quelques lignes qui résumaient son activité dans ma chronique du début de semaine, il souhaitait m’indiquer à quel point il était furieux. Dans le message vocal qu’il m’a laissé, il me reprochait d’avancer sans preuve et de tenir des propos préjudiciables qui devaient être démentis.

Qu’ai-je dit ? Que sur trois textes de loi, Monsieur Cazeneuve a voté en faveur d’un et était absent aux deux autres. Certes, je ne suis pas dans l’hémicycle en permanence mais des procès-verbaux publiés sur le site du Palais Bourbon permettent de justifier mes dires. Oui, lors du scrutin numéro 2 du 6 juillet 2017 portant sur la prolongation de l’état d’urgence, Monsieur Cazeneuve n’était pas là. Oui, lors du scrutin numéro 103 du 28 juillet 2017 portant sur la loi de moralisation, Monsieur Cazeneuve n’était pas là.

Plus tard dans la soirée, un second appel nous a permis de converser. Monsieur Cazeneuve m’a assuré être présent en permanence à l’Assemblée depuis le 21 juin, sauf exception. Ai-je donc choisi des scrutins exceptionnels dans le but de nuire à son action ? Non, mon choix a porté sur les lois votées entre l’élection des députés et la rédaction de la chronique. Si de nombreux scrutins ont eu lieu sur des amendements ou des articles de lois, seules trois lois ont été soumises aux suffrages. Ma sélection a donc été exhaustive et a porté uniquement sur les scrutins les plus importants.

Au-delà de la discussion, ce qui m’incite a rendre public cette conversation c’est le procédé employé qui m’a blessé et choqué. Il me semble en effet déplacé qu’un député, du haut de sa fonction, se permette de rappeler à l’ordre, avec autorité, un simple chroniqueur. Ce procédé ne se caractérise ni par la bienveillance chère à Emmanuel Macron ni par la volonté de mettre en œuvre une nouvelle manière de faire de la politique.

Parfois des propos déplaisent mais s’ils sont justifiés alors, au nom de la liberté d’information ils doivent être publiés. Du moment que nous sommes du côté de la vérité, qu’importent les conséquences ! Ainsi, les seuls textes pour lesquels un parlementaire est autorisé à user voire abuser de sa position sont ceux qui se débattent au sein d’un hémicycle.

Que Monsieur Cazeneuve soit cependant rassuré : au prochain pointage je louerai publiquement sa présence et son action à l’Assemblée si elle est attestée par les procès-verbaux de cette institution.

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