Chapitre 4 : Lutter contre la désertification médicale

En lien étroit avec la défense de la France des Campagnes, la lutte contre la désertification médicale doit plus que jamais être la priorité pour le quinquennat à venir.

La situation actuelle est dramatique. Trop souvent, des médecins généralistes ou spécialistes, l’heure de la retraite venue, ferment la porte de leur cabinet sans successeur et laissent leur patientèle aux confrères à l’agenda déjà bien trop chargé. Dès lors, moins nombreux, plus éloignés, c’est la santé et l’accès au soin des gascons qui sont remis en question. Soulignons que l’opprobre ne doit pas être jeté sur les jeunes médecins. En effet, les déserts médicaux ne sont qu’une des facettes de l’abandon par l’Etat de ses territoires. La question plus large que nous avons abordé dans le chapitre 3 est bien celle de l’attractivité des territoires ruraux par le maintien des services publics qui permet une permanence des activités privées (commerces de proximité, services…) et ainsi l’attrait naturel de professionnels de santé.

Mais aujourd’hui, nous assistons à ce que notre République produit de pire et au reniement du principe d’égalité : inégaux face aux soins, inégaux en fonction du lieu de vie. Les communes et les intercommunalités les plus pauvres, du fait de la faiblesse du tissu économique et de la baisse de la population notamment active, s’appauvrissent davantage afin de garantir à leurs administrés un accès minimal au soin. Des maisons de santé sortent donc de terre sans avoir la garantie des les voir toujours habitées par des praticiens lorsque la collectivité terminera de rembourser l’emprunt souscrit pour les ériger. Ailleurs, ce sont des collectivités locales qui entrent en concurrence entre elles afin d’attirer de jeunes médecins en fournissant cabinet, matériel, voire même exonération d’impôts. Certaines ont même recours au site Leboncoin.fr pour avancer dans leur quête.

Nous n’avons plus le temps d’attendre. Seul l’Etat, qui finance tant la formation que la Sécurité Sociale, est à même de pouvoir agir dans la durée. Que faire donc ? Apporter pour toute réponse une augmentation du numerus clausus ? Ce serait prendre le risque de former en masse sans avoir la certitude de résoudre la question des déserts médicaux. Créer un corps de médecins fonctionnaires ? Mais la solution ne réside pas dans une médecine à deux vitesses.

Il convient donc d’inventer un système garantissant à chaque territoire et à chaque habitant la certitude d’avoir à proximité un accès rapide et aisé aux professionnels de santé. Mais il est aussi nécessaire de respecter au mieux les principes fondateurs de l’Ordre des Médecins qui veille jalousement sur les libertés de prescription, de fixation des honoraires et surtout, sur la liberté d’installation.

Nous proposons ainsi un montage inspiré par le fonctionnement des anciennes écoles normales ou par ce qui était, encore récemment, le mode de recrutement des ingénieurs forestiers.

Les besoins sur le territoire doivent être premiers. Ainsi, l’Agence Régionale de Santé qui est une administration chargée de l’organisation de la santé, est en mesure de définir en fonction des perspectives de départ en retraite les besoins qui risquent de ne pas être satisfaits à sept ans sur un territoire donné (territoire correspondant à l’assise géographique des 26 universités de médecine). Le besoin identifié, ce sont autant de postes qui se verront allouer une bourse, dès la seconde année de médecine, en échange d’une installation de cinq ans sur le territoire choisi par l’étudiant.

Prenons un exemple. Estimons arbitrairement à dix le besoin de médecins généralistes qui risquent d’être difficiles à remplacer dans sept ans sur le périmètre de l’université de Toulouse, soit l’ancienne région Midi-Pyrénées. A Toulouse, le numerus clausus est de 250 environ. A l’issu du concours, les dix postes identifiés (médecine générale en Aveyron, Gers, Couserans, Ariège) seront proposés aux lauréats dans l’ordre de mérite. Les dix premiers reçus pourront donc s’engager en échange d’une bourse sur la durée de leurs études. S’ils refusent, la proposition sera faite aux suivants. Si parmi les 250 nous ne parvenons pas à satisfaire les dix recherchés, alors la proposition sera faite au premier recalé.

Ce système simple, peu onéreux et relativement peu contraignant, permettrait de résoudre l’inquiétant problème de la désertification médicale. Dans l’intérêt des populations rurales et de nos territoires, il est grand temps d’agir !

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