My tailor is rich

Si nous avons terminé la semaine autour du livre et de ses salons, force est de constater que c’est le costume qui fut mis à l’honneur ces jours derniers. Messieurs Fillon et Moscovici partagent le même tailleur ? La belle affaire !

Le véritable problème qui se cache sous la veste est le lien trouble que peuvent entretenir les généreux donateurs et le politique bénéficiaire. Ici frotte le vêtement. Ces dons sont-ils désintéressés ou le prodigue bienfaiteur attend-il en retour la monnaie de sa pièce ?

Derrière le don à un parlementaire en fonction ou à un candidat à la magistrature suprême, la question de l’indépendance du politique mérite d’être posée. Il faudra, lors de la prochaine législature, définir un cadre strict et rigoureux afin d’empêcher tout groupe d’intérêt privé d’influencer le vote ou la décision politique en échange de services rendus.

A titre personnel, sans vouloir trop longuement parler chiffon, je ne vous cache pas que le costume, véritable épouvantail, me poursuit depuis mes premiers pas en politique. Ainsi, tandis que lors des élections sénatoriales de 2014, je militais activement pour l’exemplarité en politique, alors que je demandais à quoi servait l’enveloppe de 6000 euros mensuels, enveloppe demeurant hors du calcul de l’impôt sur le revenu des parlementaires et qui répond au doux acronyme d’IRFM (Indemnité Représentative de Frais de Mandat), un parlementaire gascon me répliqua qu’elle lui servait à acheter ses costumes !

La France souffre et les efforts régulièrement demandés sont d’autant plus difficiles à accepter que la classe politique, véritable aristocratie républicaine, a pris de mauvais plis et continue de vivre comme si de rien n’était : le Titanic sombre mais l’orchestre poursuit sa valse. Songe d’automne.

Si la classe politique ne s’empare pas, au plus vite, de ces sujets, le fil qui la relie aux citoyens se tendra jusqu’à rompre.

Alors, oui, un homme politique doit, durant l’exercice de ses fonctions, refuser cadeaux et avantages afin de n’être l’obligé de personne. La vertu antique, romaine et républicaine doit faire, en pratique, son retour sur le devant de la scène au-delà des pages d’un des candidats. Être sobre et intègre, servir et non se servir, tels sont les aiguillons des politiques de demain. Une loi, simple et rapide, pourrait empêcher de nombreuses dérives : produire une déclaration de l’administration fiscale lors de la candidature à chaque élection afin de s’assurer que chaque candidat est à jour de ses déclarations et de ses paiements, fiscaliser l’IRFM, fusionner le régime spécial des retraites des parlementaires avec le régime général, rendre inéligible à vie tous ceux condamnés pour détournement d’argent public dans l’exercice de leurs fonctions électives.

Certains candidats semblent s’intéresser enfin à ces sujets. Il est néanmoins regrettable que la classe politique ne se réforme qu’au gré des scandales qui la salissent. Électeurs de demain, rappelez-vous ce que disait Aristote : « une seule hirondelle ne fait pas le printemps, un seul acte moral ne fait pas la vertu ». L’intention de réformer est louable mais il faudra être vigilant sur sa mise en musique.

Enfin, gardons en mémoire que la finesse de la robe de bure ne préjuge en rien la qualité du moine.

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